Carrières Vaudoises

Saint Triphon

Présentation

Ce relief particulier, isolé, formé essentiellement de couches calcaires, domine de 120 m la plaine du Rhône et comprend trois collines: le Lessus, les Larines et Charpigny. Depuis des temps reculés la pierre y a été exploitée et on y trouve aujourd’hui trois grandes carrières: celles du Lessus, des Fontenailles et des Andonces ou Etrives. L’exploitation a été abandonnée vers la fin du XXe siècle et elles connaissent actuellement des destins très divers: remblaiement et décharge de produits toxiques au Lessus, école d’escalade aux Fontenailles et grand spectacle aquatique saisonnier aux Andonces.Ces collines font partie d’un patrimoine communal et cantonal, elles méritent d’être connues. En plus d’un intérêt archéologique très dense, d’un intérêt botanique et zoologique répertorié, elles ont un intérêt géologique considérable que nous allons détailler ci-après. 

Les collines de Saint-Triphon, un géotope unique, Brigitte Pradervand et Aymon Baud, 2011.

Les marbres du Chablais

On ne se doute guère, en général, de la richesse du canton de Vaud en diverses variétés de «marbres», soit calcaires plus ou moins métamorphisés prenant un beau poli, tirés tantôt du Jura, comme le calcaire gris-blanc de Concise, ou celui jaune clair d’ Arzier, tantôt des Préalpes vau­doises, et essentiellement du Chablais. Ces derniers maté­riaux surtout trouvèrent de nombreuses applications, comme le relève le «Rapport sur l’exposition des produits de l’industrie suisse», en 1833: «C’est de la vallée du Rhône et principalement des environs de Roche et de Vil­leneuve dans le canton de Vaud qu’ont été tirés presque tous les marbres qui ont figuré à l’exposition, et dont plu­sieurs sont d’une grande beauté ( … ).» Le rapport cite ainsi, parmi les productions les plus remarquables, cer­taines exécutées en marbre d’Arve!, en marbre de Roche, en brèche calcaire de la Ti ni ère verte ou rose, ainsi que des tablettes en marbre de Saint-Triphon et en Châble rouge. Ces carrières, exploitées intensivement au XVIIIe et XIXe siècle, surtout par les marbriers Doret, sont presque toutes abandonnées aujourd’hui. En dépit de recherches sur place, il ne m’a pas été possible de situer avec précision tous les lieux d’extraction, qui furent certainement fort nombreux, mais parfois aussi très temporaires; j’aborderai néanmoins, .en progressant topographiquement de l’est vers l’ouest, les différents marbres de cette région utilisés à des fins décoratives. Toutefois, dans ce domaine déjà lar­gement étudié par le professeur Francis de Quervain, je m’efforcerai de donner surtout des renseignements iné­dits, me contentant, pour les caractéristiques techniques et géologiques, de renvoyer le lecteur à quelques publica­tions fondamentales.

Noir, brun, rouge, violet et jaspé: les marbres du Chablais vaudois, Paul Bissegger, 1980.